VANNE RESSAC
LE BRASSAGE DE L’EAU EN AQUARIOPHILIE
L’AQUARIUM D’EAU DE MER :
L’immobilité n’existe pas sous la mer, et encore moins près des rivages où se développe le plus grand nombre d’espèces aussi bien animales que végétales.
Courants marins, vents et températures, se combinent pour générer cette agitation que nous observons sous forme de vagues, mais qui se manifestent en profondeur par des mouvements amples et puissants dont le rôle est capital dans le développement de la vie des fonds marins.
Le brassage est un phénomène complexe, dont le mouvement irrégulier, déplace des quantités d’eau importantes en modifiant l’environnement des récifs, garantissant l’oxygénation et l’apport régulier de nutriments aux animaux récifaux. Indépendamment du vent, le relief des fonds joue également un rôle important, générant des houles qui favorisent le nettoyage des rochers et des colonies récifales, empêchant l’accumulation des débris organiques.
Chaque zone possède ainsi ses caractéristiques particulières, en permettant le développement de biotopes différents, qui abritent des espèces différentes.
Les tempêtes sont également importantes par création de situations anarchiques, destructrices des formations récifales, engendrant la disparition du faible au profit du fort, sélectionnant ainsi les meilleures adaptations au milieu.
Si dans nos bacs, le brassage de l’eau est un des aspects importants de son équilibre, les brassages de 15 à 20 fois le volume du bac, sont souvent dangereux pour beaucoup d’espèces.
Ce petit document n’a que la prétention de livrer quelques réflexions sur ce difficile problème. Le brassage indispensable à la survie du massif corallien ne peut être mis en cause, par contre la façon d’agiter l’eau est sûrement perfectible, et pourquoi est-il nécessaire de déplacer des quantités d’eau aussi importantes ?
Nos bacs sont des circuits fermés dans lesquels nous abritons, pour notre plaisir quelquefois déraisonnable, une très grande densité de vie qui produit obligatoirement de nombreux déchets. Certains déchets peuvent s’éliminer soit par écumage, soit par filtration ou décantation, mais d’autres se déposent au fond du bac, avec la regrettable propriété de se décomposer en produits toxiques.
Comme par hasard, ces produits ont tendance à s’accumuler sous le récif, dans des zones mortes qui sont inaccessibles à nos courants de brassage, généralement disposés en pleine eau, et souvent près de la surface pour faciliter l’oxygénation et la pénétration de la lumière.
Pour forcer un nettoyage profond, on augmente en permanence le débit des pompes, et pour éviter des courants trop violents sur les coraux, on dirige les jets sur les vitres pour n’avoir qu’un effet indirect et plus dispersé de ce courant.
Au résultat les déchets en suspension sont refoulés à l’intérieur du récif, et se déposent sous les pierres pour fabriquer des bombes à retardement qui exploseront un jour, alors que l’aquarium est en parfait équilibre, et que chaque paramètre de l’eau semble correct.
L’AQUARIUM D’EAU DOUCE :
Le brassage est souvent négligé en eau douce avec quelquefois, une connotation négative. Rares sont pourtant les espèces abritées dans nos bacs, dont l’habitat naturel est exempt de courants d’eau.
Mais la maintenance des biotopes d’eau douce étant plus facile, et le prix des spécimens plus abordable, l’aquariophile a tendance à surcharger son bac, aussi bien au niveau des poissons que par l’abondance de la végétation. De plus, pour son plaisir, il a tendance à distribuer trop de nourritures, dans des décors qui, pour être beaux, et agréables aux poissons, sont pleins de grottes et de cavités, qui constituent les abris pour les fameuses bombes à retardement évoquées pour l’eau de mer.
Dans ce tableau, n’oublions pas les changements d’eau fréquents, qui pour éliminer les produits nocifs, n’en sont pas moins des modifications d’équilibre que nous aggravons, par des rajouts de CO2 pour favoriser le PH et la végétation.
Au résultat, des explosions d’algues de toutes espèces, dont la prolifération destructrice incite certains aquariophiles à abandonner leur merveilleux tableau vivant.
Il serait trop beau de dire que le brassage peut éliminer le problème des algues, mais il est certain que son emploi judicieux, est une aide importante dans la gestion de ce fléau.
Pour cela, il faut utiliser un brassage multidirectionnel non violent, pour empêcher l’accumulation des déchets dans les zones difficilement accessibles, qui sont les réservoirs nutritifs des algues, en n’oubliant pas que les phosphates organiques, régal de ces parasites, sont difficilement dosables par les réactifs classiques.
LA VANNE RESSAC
Pour résoudre ces problèmes aussi bien pour les aquariums marins que pour l’eau douce, nous avons développé la vanne Ressac, qui permet de faire circuler l’eau de l’intérieur des décors vers l’extérieur, et non l’inverse.
Expérimentalement, nous avons vérifié qu’il était difficile d’éviter l’accumulation des déchets qui, pour un courant donné, trouvent toujours une zone morte, souvent imprévisible, dans laquelle ils vont stagner.
Autre remarque, ces déchets sont facilement déplaçables dans la mesure où ils sont relativement récents, avec le temps, ils s’incrustent pour former des amas compacts, dont l’adhérence augmente en permanence. Ils se détacheront un jour pour engendrer la mort du bac.
Ces réflexions nous ont conduit à imaginer un système de programmation de cette vanne pour permettre des échanges de courants très variables, allant de 4 secondes pour simuler une tempête de nettoyage, à quelques heures pour favoriser la mobilisation des nutriments au bénéfice des poissons ou des coraux dans le cas de l’eau de mer.
Avec cette philosophie, les débits peuvent rester faibles par courant généré, de l’ordre de 2000 à 4000 litres pour éviter le bouleversement des sols ou des coraux, sachant qu’un boîtier de commande pouvant gérer 2 vannes, fournira 4 courants avec un débit global de 4000 à 8000 litres.

Un tel débit qui peut paraître faible par rapport à certains chiffres actuels, est cependant largement suffisant pour un bac de 1000 litres, sachant que pour de plus grands bacs, il faut multiplier avec profit le nombre de boîtiers et de vannes, pour obtenir une infinité de combinaisons de courants par le jeu de fonctions aléatoires.
Bien dissimulé dans les décors, et sous les récifs, ce type de brassage est plus efficace que les pompes en pleine eau qui ont tendance à accumuler les déchets dans les zones difficiles d’accès.
Nos petits biotopes sont encore loin de copier la nature, mais nous devons à nos pensionnaires d’être aussi performant que possible.
Les problèmes rencontrés au niveau du brassage sont :
** Le débit. Si la pompe est très puissante le courant est violent voir cisaillant, et peu compatible avec la plupart des espèces. Si le choix se porte sur des débits plus faibles, il faut multiplier le nombre de pompes.
** Le thermique. Une pompe si performante soit-elle chauffe. A l’extérieur de l’aquarium l’essentiel de la température est évacué par l’air. Avec une pompe immergée la totalité de l’énergie thermique est cédée à l’eau, et pour un brassage efficace il faut refroidir le bac.
** Le bruit. Aussi bien construite que soit une pompe elle vibre, peu à l’état neuf, mais le bruit augmente avec l’usure. Si la pompe est immergée, les vibrations sont générées dans l’eau avec des conséquences probablement néfastes. Si les pompes sont au-dessus du bac le bruit est insupportable, surtout si elles sont régulièrement programmées.
** Les dépôts organiques. Un brassage réalisé avec une seule pompe ne délivre qu’un seul sens de courant. En fonction du décor, il peut se révéler dangereux par accumulation de débris dans les zones mortes toujours existantes.
** L’esthétique. Un aquariophile se donne rarement la peine de fabriquer un aquarium laid. Si pour un bon brassage, son décor est constitué de 4 pompes immergées aux 4 coins du bac, l’aspect décoratif n’est pas favorisé.
** Le prix. Un aquarium coûte cher, et un bac récifal encore plus. Pouvoir disposer d’un matériel performant pour un moindre coût, est un objectif important. Dans ce domaine, on doit prendre en considération le prix des pompes, et la consommation électrique en fonctionnement continu, non négligeable dans la maintenance du bac.
** Les performances. Il est évident qu’une commande très rapide du débit d’une pompe est traumatisante pour sa durée de vie. En conséquence il est difficile d’adopter en permanence des cycles très courts qui sont pourtant courants dans la nature.
La solution de la vanne RESSAC
La vanne RESSAC, construite dans le respect de ces problèmes, apporte une solution à chacune des exigences du milieu naturel, et élimine les défauts du système à pompes multiples.
Son principe breveté, est basé sur l’utilisation de l’énergie hydraulique fournit par la pompe.
A partir d’une pompe centrale disposée à l’extérieur ou à l’intérieur du bac, elle permet n’importe quel cycle de brassage, à n’importe quelle cadence, avec une consommation électrique négligeable.
Chaque vanne comporte une entrée et deux sorties, qui sont mises en service alternativement par un boîtier de commande. Ainsi, une vanne et une pompe, remplace deux pompes, sachant qu’il est possible, en fonction de ses caractéristiques, de connecter autant de vannes que l’on souhaite, en parallèles ou en séries. On peut ainsi réaliser des distributions d’eau extrêmement complexes en relation avec les décors de l’aquarium.
Les pompes extérieures sont aujourd’hui silencieuses et la vanne est également non bruyante.
La sortie d’une pompe délivre un courant perturbé par la rotation des filets d’eau généré par son rotor. Cette rotation engendre un flux tourbillonnaire, qui peut être cisaillant et dangereux pour le massif corallien. Les sorties de vanne dont la section est de 25 mm permettent d’éviter les courants violents, lorsque la vanne est utilisée au maximum de ses possibilités.
Chaque vanne peut supporter des débits de 2500 à 3000 litres heure. Il est possible de la positionner, soit dans la galerie, soit à l’extérieur, soit en immersion en sortie de pompe immergée.
Elle n’est pas démontable, et ne demande aucun entretien. Dans l’hypothèse d’un nettoyage après envahissement par des algues filamenteuses, il est facile de la déconnecter et de faire circuler l’eau du robinet dans chacun de ses orifices.
Sa dissipation thermique est nulle quel que soit son régime de fonctionnement. Il est donc possible d’utiliser autant de vanne que l’on souhaite, sans se préoccuper des problèmes d’échauffement.
Elle est entièrement construite en silicone alimentaire injecté à haute pression. Sa neutralité, vis à vis des organismes vivants, n’est donc pas à démontrer.
Vidéo de la vanne en fonctionnement(1.62 MB)